L'éditorial

Guerre en Ukraine : la Russie devait s’effondrer ?

Pour comprendre l’opération spéciale russe en Ukraine, il faut remonter à l’implosion de l’ex-Union soviétique. En effet, à cette époque les USA et les pays occidentaux pensaient et œuvraient pour que non seulement les treize états fédérés soient indépendants mais également les autres territoires, formant la Russie actuelle, sortent de cet état-continent (avec onze fuseaux horaires) ! Toutes les tentatives menées par les USA, via la CIA, pour déstabiliser (guerre en Tchétchénie, en Géorgie, en Arménie, au Kazakhstan…) la naissance de la Russie furent opérées en vain.

La fédération de Russie de l’après N. Gorbatchev et B. Eltsine a tenu bon sous la houlette d’un certain Vladimir Poutine ! Resté alors le cas de l’Ukraine que même les idéologues les plus antirusses comme Z. Brezinski et H. Kissinger avaient déconseillé de toucher, compte tenu du poids de l’histoire (Kiev avait été la capitale du Tsar) et de la fusion culturelle et cultuelle des deux populations. Pourtant, les faucons américains (néoconservateurs) ne désarmeront pas et tenteront une fois encore de rêver de l’effondrement et du dépeçage de la Russie dans leur désir d’hégémonie redoublé.


Les accords de Minsk I et II

Force est de constater que la Russie a tout tenté pour faire revenir à la raison les USA et a proposé un accord pour que l’Ukraine soit « finlandisée » c’est-à-dire, neutre et strictement en dehors de l’Otan, organisation militaire complétement contrôlée par les USA. Ces tractations vont amener les deux pays à signer les accords de Minsk I (2014) et II (2015), qui devaient assurer la sécurité de l’Ukraine contre toutes attaques russes et accorder une autonomie relative aux territoires du Donbass et de Lougansk, notamment pour les populations russophones de la région, cet accord étant garanti par la France et l’Allemagne.

Or, dès la signature de ces accords un coup d’état est organisé en Ukraine, par les pays occidentaux qui mettent à la tête du pays un acteur de télévision, qui sera élu en grande partie pour sa volonté de respecter les accords de Minsk ! S’en suivent alors des bombardements quotidiens qui font des milliers de victimes, sur les territoires de l’Est de l’Ukraine, ce qui vont les rendre caduques de facto. La demande de l’Ukraine d’entrer à l’UE, suivie de celle de l’Otan, va permettre aux russes de comprendre que les accords de Minsk n’étaient une manœuvre occidentale pour permettre à l’Ukraine de s’armer et de préparer son armée à attaquer la Russie, par procuration pour le compte des USA avec en prime la phrase cynique « jusqu’au dernier ukrainien ».


La riposte russe

L’occupation de la Crimée par la Russie (territoire rattaché à l’Ukraine par J. Staline), qu’elle considère comme un strict retour à la mère-patrie et la concentration de troupes russes à la frontière ukrainienne, ont marqué la fin des accords de Minsk I et II, que le Président français (F. Hollande) et la Chancelière allemande (A. Merkel) ont avoué être des « leurres diplomatiques » plusieurs années après.

Vladimir Poutine ne faisant plus confiance aux ukrainiens va cependant proposer un dernier accord de paix à l’Ukraine, que le Président V. Zelenski était prêt à signer si ce n’était l’intervention directe du président américain J. Biden et du Premier ministre britannique B. Jonson, qui lui ont intimé l’ordre de ne pas le signer et de partir en guerre contre la Russie, en contrepartie d’une aide militaire, logistique, de renseignement et financière sans limite (110 milliards d’US$ jusqu’à maintenant).

Ils lui ont fait croire que la Russie ne pouvait pas supporter l’effort de guerre et qu’elle « s’effondrerait dans les trois prochains mois », après la mise en œuvre de sanctions économiques et financières drastiques. V. Poutine, qui va alors considérer qu’il est en guerre non pas contre l’Ukraine mais bien contre les USA et les pays occidentaux affidés, décide d’envoyer ses troupes non pas pour envahir l’Ukraine entièrement, comme le proclament les occidentaux mais pour récupérer les territoires du Donbass, de Lougansk et la Crimée, après avoir organisé un référendum d’autodétermination, qui lui a été largement favorable.


Les résultats de la guerre et les hypothèses de la paix

Après plus d’une année de guerre très couteuse en ressources humaines et matérielles, des deux côtés, la Russie a atteint ses objectifs militaires en récupérant tous les territoires au-delà du Dniepr, en détruisant toutes les infrastructures économiques et les équipements militaires ukrainiens et en consolidant les territoires qu’elle s’était fixée. Malgré toutes les sanctions économiques et financières la Russie ne s’est pas effondrée et enregistre même une croissance appréciable, contre toute attente.

Les USA et les pays occidentaux ont épuisé leurs aides à l’Ukraine et attendent toujours une contre-offensive victorieuse n’arrive pas. V. Zelenski multiplie ses déplacements et appelle à l’aide militaire (obus, aviation, chars, matériel électronique…) qui trouve de moins en moins d’écho. V. Poutine refuse de négocier avec les autorités ukrainiennes, avec ou sans V. Zelenski, considérant qu’il est en guerre contre les USA et les pays occidentaux.

En position de force sur le terrain, il sait que le temps joue pour lui et en profite pour consolider ses liens avec la Chine et d’autres pays proches de ses thèses sur l’hégémonisme américain (l’Iran, la Corée du Nord, l’Inde, la Turquie…). La paix devra prendre en compte que les territoires conquis resteront russes et que l’Ukraine sera « neutralisée » et restera en dehors de l’Otan pour plusieurs années encore.

Ces conditions minimales s’inscrivent dans le court terme car dans le cas d’un prolongement du conflit, la Russie pourrait envisager la conquête d’autres territoires ou et villes qu’elles jugent stratégiques.

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