L'éditorial

Les relations algéro-françaises passées au crible.

    La réunion du Comité interministériel de haut niveau (CIHN), tenue à Alger, cette semaine a tenu ses promesses  compte tenu du nombre de ministres présents et de la signature de quelques 11 accords et lettres d’intention même si les dossier qui fâchent ont été discrètement mis sous le tapis, comme le dossier mémoriel, celui des visas et enfin celui de la coopération pour la récupération des biens mal acquis et investis dans l’hexagone. On peut comprendre également que ce genre de dossiers peuvent être traités en dehors des médias, compte tenu de leur sensibilité en Algérie et également en France. En effet, s’agissant du dossier mémoriel, le projet de création d’une commission mixte algéro-française composée d’historiens, pour l’écriture de l’histoire commune ne semble pas encore mûr des deux côtés de la méditerranée et semble créer plus de problèmes que d’en résoudre, tant la phrase, attribuée à Jules César « l’histoire est écrite par les vainqueurs », reste de rigueur encore aujourd’hui ! De même, la question des archives de la colonisation, « séquestrées » à Aix-en-Provence, semble avancer à « petit pas » après 60 ans d’indépendance, « pour des raisons techniques » affirme la partie française ! Nul doute, qu’en Algérie comme en France, personne n’est pressé de régler ce dossier à court terme, préférant sans doute attendre, la disparition naturelle des acteurs.

S’agissant du dossier des visas, le même processus a été mis en œuvre, à savoir la discrétion sur les mesures à mettre en œuvre, chaque camp campant sur ses positions, la France exigeant l’acceptation automatique, par l’Algérie des ressortissants algériens expulsés pour délits pénaux et l’Algérie qui exige un traitement au cas par cas des dossiers, après vérification, par les autorités algériennes, de l’authenticité de la nationalité. La « diplomatie des visas » est donc construite sur le principe du « donnant-donnant », il est clair que chaque partie doit faire des efforts pour arriver à un accord. Enfin, le dossier brûlant du rapatriement des personnes et des biens mal acquis et dont les Fonds ont été blanchis en France, demeure le plus délicat, pour notre pays, puisque le Président de la république s’est engagé publiquement auprès de l’opinion publique algérienne et vis-à-vis de la France qui abrite les fruits de la rapine de ces corrompus qui pour la plupart ont acquis la nationalité française, sans oublier les corrupteurs français, qui devront, également, répondre de leurs actes délictueux auprès des tribunaux français, sachant que ce phénomène est construit par trois acteurs obligatoires, le corrompu algérien, le corrupteur français et l’intermédiaire international. Il faut enfin signaler que jamais un algérien (ou binational), n’a fait l’objet de pareilles poursuites, en France, alors que beaucoup de ressortissants africains ont été poursuivis et condamnés !

Pour le reste, à part le dossier de l’énergie, qui semble ne pas avoir été traité, malgré la présence dans la délégation des premiers responsables des entreprises françaises, afin de ne pas mettre la France dans une position de « quémandeur », les accords signés vont permettre aux entreprises françaises de rattraper, quelque peu leur retard vis-à-vis de leurs concurrents ( Chine et Turquie notamment). Pour le secteur de l’agriculture (production et importation de céréales, de lait et produits laitiers) et des industries agroalimentaires (industries de transformation, de l’élevage bovin, notre pays peut développer une politique « gagnant-gagnant », pour acquérir l’expérience française pour concrétiser sa politique d’indépendance alimentaire. Il en va de même, pour les autres secteurs industriel et commercial qui peuvent mettre en place des partenariats, dans certaines filières à forte valeur ajoutée, qui s’inscrivent dans le registre de la politique de sous-traitance de notre pays, de manière à concrétiser notre politique de substitution à l’importation.

C’est donc, sur la base de projets concrets et dans des filières bien définies que la coopération, entre nos pays, peut regarder vers le futur avec confiance et sérénité, loin des joutes politiciennes et populistes qui empoisonnent nos relations bilatérales, sans oublier les volets diplomatiques, de défense et de sécurité, qui doivent accompagner le processus, pour consolider la confiance et le travail commun, pour la promotion de la stabilité et la prospérité partagée, dans la région et dans le monde qui se caractérise par des évolutions majeurs et des conflits de plus en plus graves.

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