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Projet de la raffinerie de Hassi Messaoud : quelle politique des carburants pour l’Algérie ?

Sonatrach  dispose de cinq (5) raffineries de pétrole brut, d’une capacité de traitement de 25 millions tonnes par an et d’une raffinerie de condensat d’une capacité de traitement de 5 millions tonnes par an. le plan de Sonatrach pour 2025 visant à augmenter la production à 500 000 tonnes. C’est dans ce cadre, et afin de couvrir la consommation locale et exporter,  que s’inscrit l’instruction du président de la république en conseil des ministres en date du 7 janvier 2024 du projet  de la raffinerie de Hassi Messaoud

1. Rappelons que  le projet de la  raffinerie de Hassi Messaoud  a été à l’ordre du jour de plusieurs   Conseil des ministres,  où le   10 décembre 2023, le président de la république avait instruit  le gouvernement  afin « de relancer la raffinerie de Hassi Messaoud dans les plus brefs délais ». Pour rappel, en janvier 2020, le groupe Sonatrach avait signé  un contrat   avec un groupement composé de Tecnicas Reunidas (Espagne) et Samsung Engineering (Corée du Sud) pour la réalisation d’une raffinerie de pétrole au niveau de Haoud El Hamra à Hassi Messaoud.

Ce contrat, d’un montant de 440 milliards de DA (quelque 3,3 milliards de dollars  au cours  de 137 dinars un dollar ), portait sur la réalisation d’une raffinerie de pétrole brut à conversion profonde d’une capacité de 5 millions de tonnes/an. Le projet devait être exécuté en EPC dans un délai de 52 mois et la  livraison du projet était  prévue en mars 2024, avec deux ans de garantie, soit mars 2026 pour la réception finale .Cela devait   permettre à l’Algérie de renforcer sa production nationale de carburants et lubrifiants et dégager des volumes éventuels pour l’export.

Plus précisément, selon les données de Sonatrach, la raffinerie aura spécifiquement vocation à produire sept produits à la norme Euro 5:  propane (127 000 tonnes par an), butane  (180 000 tonnes/an), essence NO 95  (352 000 tonnes/an),  essence NO 91 (1 373 000 tonnes/an), kérosène  (228 000 tonnes/an), gasoil (2 659 000 tonnes/an) et bitume   (134 000 tonnes/an).

2. En 2022,  environ 52% des produits issus des raffineries sont destinés pour couvrir les besoins du marché national, notamment en GPL, Essence, Gasoil et Lubrifiants, le  reste de la production des raffineries est destiné à l’export comme le Naphta, le Fuel-oil et les Aromatiques. La consommation nationale de carburant s’est élevée à près de 17,7 millions de tonnes en 2022, soit une hausse de 3% par rapport à l’année 2021, devant atteindre les 41 millions de tonnes en 2050, avec une hausse de 3 millions de tonnes par an.

La consommation de diesel a atteint 10,1 millions de tonnes en 2022, soit une hausse de 4% par rapport à 2021 alors que la  production de diesel est de 9 millions de tonnes par an, la production devant être portée à 12,5 millions de tonnes à l’horizon 2030. Avec l’entrée en production du projet de transformation du fioul en diesel à Skikda en 2028, la production  devrait être  de près de 4 millions de tonnes. 

Pour ce qui est de l’essence,  la consommation a baissé de 2,26% à 3,3 millions de tonnes en 2022, contre 3,4 millions de tonnes en 2021  du fait de l’accroissement de la consommation du GPLc qui devrait atteindre 6,8 millions de tonnes d’ici 2050,  la capacité de production de ce carburant étant estimée en 2022  à 4 millions de tonnes par an, la consommation du GPLc, selon  le président de l’ARH étant de  1,5 million de tonnes en 2022, contre 1,2 millions de tonnes en 2021.

S’agissant de la consommation du kérosène, elle a atteint 468.000 tonnes en 2022 contre 297.000 tonnes en 2021, soit une hausse de 58%, la consommation du carburant marin étant de 219.000 tonnes l’année dernière. La   consommation du butane et du propane a été de  1,34 million de tonnes en 2022 et la  consommation du bitume 619.000 tonnes en 2022, en baisse de 20%.

3. D’une manière générale, une très forte baisse  des carburants qui parfois  ne couvrent pas  les coûts  ( exemple Sonelgaz pour l’électricité), mais devant être réaliste, le revenu moyen de l’Algérien étant environ 20% de celui de l’européen,  encourage le gaspillage  et une  consommation non optimale , d’où la nécessité de revoir leur marge commerciale, en appliquant le système des subventions directes au profit des catégories sociales et ménages à faible et moyen revenus ainsi que transitoirement pour des segments  inducteur de valeur ajoutée (*).

Cette politique des carburants  implique donc  à l’avenir tant aux opérateurs économiques, aux institutions de l’Etat central et local  et  aux citoyens de rationaliser leur consommation, en vue d’économiser et d’exporter ce carburant vers les marchés extérieurs  pour générer des devises qui profitent à l’économie nationale.

Dans ce cadre , Sonatrach dans le cadre du Mix énergétique  doit axer sa politique sur la diminution des gaz torchés , la réduction de l’empreinte carbone,  être un acteur efficace au sein de la chaîne de valeur des énergies renouvelables, ainsi que de l’hydrogène vert , en précisant que des contrats ont eu lieu avec   le partenaire ENI, afin de mener des projets pilotes pour l’hydrogène vert et les biocarburants, ainsi que la Signature d’un MoU avec la société allemande VNG AG pour la réalisation des projets d’hydrogène vert et d’ammoniac.


(*) Etude réalisée sous la direction du professeur Abderrahmane Mebtoul assisté des cadres de Sonatrach et du bureau d’études américain  Ernst & Young  8 volume 890 pages, MEM Alger, pour une nouvelle politique des carburants, dossier  présenté d dossier aux députés  APN axée sur   une politique des subventions ciblées pour les carburants.

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