« Tichrad », des mots pour élever la femme au firmament

Entretien avec Cheikh Lyazid, écrivain et chercheur en littérature
Réalisé par Yazid Kellou et traduit de l’arabe par Hamid Saidani
● Aujourd’hui, vous avez publié un nouveau livre intitulé « Tichrad » (Taouages). Pourquoi ce titre et à quoi fait-il référence ?
Cette nouvelle publication, Tichrad, est un recueil de poésie en langue amazighe. Il est le fruit de plusieurs années de travail et de recherche. Tichrad signifie tatouages, et la question se pose dans l’esprit du lecteur : pourquoi avoir choisi ce titre exactement ? C’est, tout simplement, une façon pour moi d’honorer la femme amazighe.
Tichrad c’est les tatouages, et les tatouages ont un sens. Les femmes, à travers leurs tatouages, expriment des choses, des sentiments, des émotions. Elles nous transmettent le message de la vie quotidienne, de l’histoire, des coutumes, des traditions et de l’identité d’un caractère d’un pays.
Aujourd’hui, les femmes sont les principales protectrices de la langue et de la culture par le biais des chants, des tatouages, de l’artisanat et des habits. Le recueil fait, d’ailleurs, la part belle aux coutumes, aux traditions et au mode de vie des populations amazighes. Sur le plan scientifique et littéraire, il existe une dimension philosophique et psychologique dans mes poèmes.
J’admets que j’ai tendance à recourir à des mots anciens pour qu’ils soient connus des nouvelles générations. C’est une façon pour moi de leur donner une seconde vie pour un usage renouvelé. Il est de notre devoir de revivifier cet héritage. C’est aussi cela le rôle du poète et de l’écrivain.
● Quelles sont aujourd’hui les difficultés auxquelles est confronté l’écrivain ? Peut-on dire qu’il est pris en étau entre le lecteur et les maisons d’édition ?
Votre question est pertinente. Au train où vont les choses, on est amené à nous interroger sur la difficile condition de l’écrivain. Existe-t-il de vraies maisons d’édition réellement professionnelles ou s’agit-il juste d’intermédiaires entre l’imprimerie et l’auteur ? Je suis l’auteur et celui qui conçoit, imprime et distribue. Est-ce juste ? Il est où le rôle du ministère de la Culture et de l’Office des droits d’auteur qui n’accordent aucun droit ou compensation à l’auteur ? On n’a pas toujours les réponses à nos interrogations.
● Plusieurs maisons d’édition réclament une réduction des impôts pour les écrivains. Que pensez-vous de cette revendication ?
Il s’agit là d’un problème qui a, effectivement, été posé par les maisons d’édition. L’auteur souffre. Il n’y a pas de couverture santé, ni de subvention, ni de distribution, ni de droits. Nous devons œuvrer à restaurer le statut de l’écrivain. Il faut ajouter à tout cela le problème du recul de la lecture. Un phénomène qui, certes, n’est pas propre à notre pays. Il est mondial.
● Vu l’évolution du monde du livre, le livre électronique constitue-t-il, aujourd’hui, un concurrent au livre papier ?
Un livre papier est un ami auquel on ne peut pas faire de mal. Un ami fidèle est celui qui connaît sa valeur et sait comment en prendre soin. Le livre électronique a donc aussi sa place, mais, à mon sens, il ne remplace pas le livre papier. Cependant, le livre électronique présente cet avantage de rendre facile la commercialisation.
●Y a-t-il des nouveautés ?
Actuellement, je me penche sur la publication très bientôt d’un recueil de poésie en français, de deux contes pour enfants et d’une recherche de plus de 15 ans sur le poète de la sagesse Cheikh Mohand Oulhocine et sa philosophie, ainsi qu’un roman en tamazight.
Je rappelle juste que je suis presque un spécialiste de la littérature jeunesse. J’ai plus de six publications concernant l’adaptation des contes de Jean de La Fontaine en langue amazighe et l’écriture d’histoires à partir du patrimoine. J’ai récemment publié l’histoire « Le loup et l’agneau ».
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