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Ukraine : Un sommet pour la paix à Genève

Comment organiser un sommet pour la paix à Genève (Suisse) le 18 juin 2024, juste après le sommet du G7 qui se tiendra en Italie du 15 au 17 juin 2024, sans la présence de la Russie ? C’est la gageure que tente de résoudre les helvètes, pays qui a toujours affiché sa « neutralité » dans les relations internationales mais qui l’est de moins en moins, puisqu’il applique les sanctions occidentales contre la Russie !

Pire encore, la Chine vient de décliner l’invitation à ce sommet, du fait de l’absence de la Russie. Enfin, J. Biden, en campagne électorale dans son pays, risque également d’être absent, ce qui constituerait un camouflet pour V. Zemlinsky, président de l’Ukraine. Nous nous acheminons donc vers un sommet pour rien sinon pour satisfaire les bonnes consciences des uns et des autres et pointer du doigt le méchant !

Sommet pour la paix ou de soutien à l’Ukraine ? 

La question mérite un détour car dans toutes les guerres passées, des rencontres pour la paix se réalisent entre les belligérants avant tout. Or, du fait de l’absence de la Russie à ces pourparlers, ce sommet risque de basculer r vers un sommet de soutien à l’Ukraine, piège dans lequel la Russie ne veut pas tomber, comme d’ailleurs la Chine et probablement les USA, puisque la présence de J. Biden est aléatoire, pour des raisons évidentes de campagne électorale. Dès lors, le président V. Zemlinsky monte au créneau en affirmant que l’absence du président américain à ce sommet consisterait à « applaudir V. Poutine debout ».

Ce qui est une insulte pour un allié qui tient l’Ukraine à bout de bras. Mais cela signifie également que le président de l’Ukraine joue ses dernières cartes, tant au niveau personnel (certains dans son pays et à l’étrange cherchent à le remplacer) qu’au niveau du sort de cette guerre que beaucoup considèrent comme pliée au profit de la Russie. Ceci d’autant que cette dernière, ne voit plus la nécessité de négocier la paix, avec les autorités ukrainiennes mais considèrent que les négociations doivent être entreprises avec les USA, dans cette guerre faite par procuration !

Une guerre tributaire des joutes électorales américaines.

L’Ukraine comme la Russie savent que rien de définitif ne sera entrepris avant le 5 novembre 2024, date des élections présidentielles aux Etats-Unis. Dans les deux cas, V. Poutine sortira vainqueur de ces élections, dans la mesure où, une victoire de D. Trump entraînera la fin du soutien inconditionnel à l’Ukraine et donc une paix imposée aux conditions russes (cession du Donbass, de Lougansk et de la Crimée et pas d’adhésion à l’Otan de l’Ukraine), une victoire de J. Biden entraînera une diminution de l’aide à l’Ukraine, ce qui la contraindra à négocier en position de faiblesse.

Entre-temps, les pays occidentaux ne doivent pas perdre la face mais ne peuvent pas se permettre un effondrement de l’armée ukrainienne, ce qui les oblige à plus d’aide militaire, à permettre de frapper le territoire russe et à envisager d’envoyer publiquement des troupes au sol, ce qui déclenchera une escalade incontrôlable, que personne ne veut mais qui est envisageable néanmoins.  

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