L'éditorial

Après un règne syndical sans partage, depuis d’indépendance, l’UGTA s’effondre.

Concentrée dans le secteur public, essentiellement, la centrale syndicale a régné, depuis l’indépendance sur l’héritage Aïssat Idir, un des symboles et héros de la révolution. Ses différents Secrétaires généraux, qui se sont succédés, ont été cooptés par le pouvoir de manière à maitriser le mouvement syndical et à éviter les dérapages et autres actes intempestifs. En contrepartie, les membres organiques (Conseil national et les fédérations) jouissaient d’un certain nombre de privilèges et d’accommodements non négligeables et notamment la gestion des œuvres sociales, véritable « trésor de guerre », pour la centrale. Cet équilibre instable, entre le pouvoir et la centrale, a commencé à se fissurer, au fur et à mesure que ce monopole syndical, de facto, a été remis en question, par des syndicats « indépendants » légaux et illégaux. Dès lors, la plupart des membres du Conseil national, se sont distribués dans les « appareils politiques » du moment (CNT, APC, APW, APN, Sénat…), pour consolider leur position personnelle. Seul un « noyau dur » est resté au sein de la centrale et tente aujourd’hui de résister au mouvement de fond qui ébranle le syndicalisme dans notre pays.

Si le droit syndical est constitutionnel, celui du droit de grève est de l’ordre de la loi (pouvoir législatif). En effet, cette confusion très répandue dans le monde syndical, entraîne des dérapages de toute nature et font des conflits socioprofessionnels des espace de confrontation et non de négociation (grève sauvage, destruction de l’outil de production, mise à l’arrêt de l’activité, dégâts collatéraux, grève illimitée…). D’une manière générale, les conflits socioprofessionnels se concentrent dans les entreprises publiques et dans la fonction publique, fort de leur statut privilégié et de leur concentration. Cette réalité ne peut être occultée et les grands départements ministériels (éducation, santé, postes, administration centrale et locale…) pourvoyeurs d’emplois, en font les frais. Les syndicats agréés et non agréés font légion et se disputent parfois violemment le leadership de la représentativité pas toujours avérée, ce qui se traduit par un nombre inconsidéré de syndicats (une trentaine dans l’éducation nationale, par exemple !).

Derrière cet activisme, il y a bien sûr, le contrôle de la masse des cotisations qui est un enjeu majeur pour certain et qui justifie un certain nombre de comportements pas toujours justifiés, d’autant que le contrôle financier des œuvres sociales a de tout temps été défaillant ! La protection du pouvoir d’achat des travailleurs n’est pas restée en reste et les revendications d’augmentations des salaires ont souvent été satisfaites. La recherche de la « paix sociale » à tout prix, par les différents gouvernements, les ont amenés à « fermer les yeux », sur des agissements qui relèvent du pénal, afin de créer un modus vivendi acceptable pour les deux camps, d’un côté les pouvoirs publics ne contrôle pas ou prou la gestion syndicale et les syndicats tentent de limiter les revendications légitimes des adhérents.

Cette situation ne peut plus durer, la corruption, les abus de biens, les pressions sur les gestionnaires, le népotisme syndical, incarné par l’UGTA, doivent être éradiqués pour la reconstruction d’un véritable syndicalisme qui doit avoir comme principe de base la protection morale et matérielle des travailleurs et non celle de leurs représentants ! Enfin, il y a lieu de faire une nette différence entre l’activité syndicale et celle politique, les syndicats n’étant pas des partis politiques, par définition. C’est donc une partie de bras de fer qui se déroule sous nos yeux et qui devra très vite arriver à son dénouement pour faire la différence entre « le grain et l’ivraie » et pour que chacun reste à sa place et active dans la transparence mais surtout conformément aux lois de la république. Le débarquement, pour « motif personnel » du SG de l’UGTA, aujourd’hui et son remplacement intérimaire, par un ancien dinosaure (fédération de la sidérurgie), en plein débat sur la révision du droit syndical, sont les dernières circonvolutions, d’un corps agonissant.

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