L'éditorial

EDITO

Dr Mourad GOUMIRI.

Syndicat ou parti politique ?

            La bataille syndicale qui va se livrer à l’occasion de la révision des textes de loi relatifs à l’exercice de l’activité syndicale de manière à la séparer de l’activité politique n’a pas fini de mobiliser toutes les parties en présence. Les surenchères sont déjà visibles dans certaines déclarations, en marge des propositions avancées par certains syndicalistes, partis politiques, intellectuels, chefs d’entreprises et autres porteurs d’opinion. Il est donc utile de faire le point sur le paysage syndical de notre pays. L’UGTA, une des organisations de masse, a toujours été considérée comme un appendice de parti unique le FLN, de par son histoire, ancienne et récente et a joui d’un monopole de jure et de facto, durant de longues années. Essentiellement, concentrée dans les entreprises publiques (pratiquement toutes les entreprises) et la fonction publique (éducation nationale, administration centrale et locale, santé, enseignement supérieurs…), la centrale syndicale n’a pas pu s’affirmer ou très peu, dans le secteur privé, malgré les lois favorables en vigueur, sauf lors des contentieux qui se retrouvent devant la justice. Le multipartisme imposé par la constitution de 1989, n’a pas pu déverrouiller le multi syndicalisme, sauf à considérer les syndicats non agréés qui ont proliféré et activé en toute illégalité mais qui ont supplanté, « sur le terrain » l’UGTA. Le syndicalisme algérien vit aujourd’hui une véritable schizophrénie avec, d’une part, une « sur représentativité politique », actée par le pouvoir et, d’autre part, des « syndicats indépendants » illégaux mais représentatifs, avec une représentation quasi nulle dans le secteur privé. Nous comprenons, dès lors, la principale revendication de ce syndicat de baisser le taux de représentation (fixée par la loi à 20%) pour continuer à exister et à jouir des privilèges qui sont induits par l’activité syndicale dans notre pays. L’enjeu est de taille, le syndicalisme doit exister dans notre pays, pour contrebalancer les abus divers et variés dans le monde du travail mais il doit être dépoussiéré de manière à lui donner sa véritable vocation dans la société à savoir la défense des droits et des devoirs des travailleurs, uniquement.

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