Faut-il fêter les dates anniversaires mémorielles ?

L’Algérie vient de fêter, avec brio et magnificence, le 70ème anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale… quoi de plus normal et légitime ? Comme tous les autres pays au monde, il est de tradition de choisir une date anniversaire pour construire un pont mémoriel entre le passé, le présent et le futur et notre pays ne fait pas exception.
Dès lors, une polémique s’enclenche en France, par les partis d’extrême droite et même certaines personnalités politiques, pour dénoncer l’utilisation d’un « fonds de commerce mémoriel » qui « porte atteinte à l’image de marque de la France dans le monde » ! Alors que la France est truffée de monuments aux morts (jusques et y compris en Algérie) pour commémorer les actes héroïques et les sacrifices du peuple français, pour sa libération vis-à-vis de tous ses adversaires, il est demandé à l’Algérie de tourner la page coloniale et de mettre un peuple entier en situation d’amnésie vis-à-vis de son histoire !
Pour rappel, l’un des premiers actes d’effacement de la mémoire du peuple algérien vis-à-vis de son passé fut la débaptisation des villes, villages, des rues et des boulevards. En effet, les autochtones apprenaient déboussolés que Skikda s’appellerait désormais « Phillipe ville », El Asnam « Orléansville », El Eulma « Saint Arnaud », Draa Ben Khedda « Mirabeau », Thénia « Ménerville », Chelghoum El Aïd « Châteaudun du Rummel », Oum El Bouaghi « Camp Maréchal », ainsi que tous les maréchaux de France « Bugeaud, Berthier, Pétain, Foch, Clémenceau, Murat, Moncey, Jourdan, Masséna, Augereau, Bernadotte, Soult, Brune, Lannes, Mortier, Ney, Davout, Bessières… ».
Ajoutons à ces derniers, les noms des hommes politiques, des artistes, des écrivains, des savants, des marins, des ecclésiastiques, des ingénieurs… Personnalités qui n’ont aucun lien avec notre culture et notre civilisation !
Autres œuvres d’effacement de notre mémoire collective, c’est également l’établissement de l’état civil, construit pour mieux contrôler les populations indigènes. Cette opération menée par des fonctionnaires zélés, va couper le lien patronymique entre les différents groupes de population qui se distinguaient par leurs appartenances tribales. Des noms attribués par l’administration française vont donner lieu à des situations inextricables tant au niveau patrimonial que pour les différentes affaires civiles et pénales.
L’œuvre ne va pas s’arrêter uniquement à l’effacement des mémoires mais également dans le domaine religieux et cultuel, puisque chaque ville et village sera d’un édifice religieux (environ 1.000) pour les besoins des populations chrétiennes mais également en vue de convertir les autochtones à cette religion, alors que la religion musulmane était la plus répandue. Pire encore, certaines mosquées ont été transformées en église et en synagogue et certaines détruites !
C’est donc dans ce contexte, qu’il faut inscrire la commémoration des dates qui marquent la résistance de notre peuple et sa volonté au droit de se souvenir, de ceux qui ont consenti le sacrifice suprême.
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