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La fuite des cerveaux et ses conséquences

A l’aune des discussions sur l’amélioration des salaires du corps médical vient se greffer celui de la « fuite des cerveaux » en Algérie ! En effet, des milliers voire plus de cadres algériens (homme et femme) quittent le pays pour s’installer dans les pays occidentaux en particulier la France, le Canada et les USA. Cette « matière grise » entièrement formée en Algérie (primaire, secondaire, universitaire et post universitaire) totalement financée sur le budget de l’état, une fois arrivée à maturité, décide de quitter le pays pour s’installer à l’étranger.

L’origine du brain-trust.

        A l’origine, le Brain Trust est le nom donné à des universitaires qui conseillaient le président américain F. Roosevelt pendant le New deal, dans les années 1930. Cette expression désigne un groupe d’experts ou de « têtes pensantes » dans l’entourage du décideur. Mais cette expression s’est « externalisée » pour devenir l’action de concentrer les meilleurs penseurs d’un pays et aujourd’hui du monde. Ce n’est donc pas quelque chose de nouveau et l’Algérie n’est pas la première à subir cette situation. Les USA ont mis en place un système « d’émigration qualitative », avec des quotas par pays, pour identifier et attirer chaque année les meilleurs spécialistes au monde, dans tous les domaines (sciences, cultures, mathématiques, astrologie, philosophie…).

L’attrait du gain ou le plan de carrière.   

        Les explications faciles donnent l’attrait du gain comme l’élément essentiel qui motive les candidats à l’exil. Mais une analyse plus profonde montre que l’épanouissement et le plan de carrière ainsi que le niveau technologique, du pays d’accueil, sont déterminants dans les décisions de migration. La concentration d’intellectuels crée des synergies et augmente la capacité d’innovation, la recherche technologique et le nombre de dépôt de brevets, ce qui attirent les industriels qui procèdent au développement.

L’impact sur les pays en développement.  

        Le préjudice sur les pays en développement est beaucoup plus dévastateur que pour les pays industrialisés et ceux émergents, puisqu’ils perdent sur tous les tableaux. En effet, ils financent les formations de base et perdent le fruit de leurs efforts, lorsque les cadres arrivent à maturité. L’Algérie perd chaque année ses ingénieurs et ses médecins voire d’autres spécialistes, qu’elle a formé avec des efforts financiers colossaux. Cette hémorragie silencieuse et insidieuse, appauvrit ses capacités intrinsèques et enrichit les pays d’accueil gratuitement. Les dernières mesures de valorisation des salaires et des primes des enseignants universitaires et des chercheurs vont certainement freiner ce mouvement migratoire mais restent insuffisantes. Il importe de mettre en œuvre d’autres mesures incitatives (crédits bancaires, immobilier, fiscalité, voyage d’études…), pour réguler ce fléau.    

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