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L’Algérie dans le top 5 des pays où l’essence est le moins cher : Quelle lecture ?

Selon le site de Global Petrol Price, publié le 24 juin 2024, notre pays se classe quatrième parmi les cinq pays où le prix de l’essence est le moins cher au monde (0,342 $/litre), derrière l’Iran (0,029), la Libye (0,031), le Venezuela (0,035), alors que les prix mondiaux oscillent autour de 1.31 $/litre. Cette information est considérée comme une prouesse voire une victoire sur les cours de l’or noire ! Mais à y voir de plus près, ce classement nous prouve qu’une politique de subvention massive, sur ce produit, est mise en œuvre par les pouvoirs publics, depuis de longues années, avec des conséquences désastreuses pour notre économie.  

Le coût des subventions et leur impact sur la consommation

S’agissant d’un produit raffiné dérivant du pétrole, sa production dépend du nombre de raffineries qui ont été construites dans notre pays. Il faut rappeler que notre pays était importateur net d’essence pour les besoins domestiques (rappelons-nous du scandale de l’achat de raffinerie italienne Augusta, vieille de 70 ans). En outre, la consommation de carburants, dans notre pays, en 2022, a atteint les 17,7 millions de tonnes et croit à une vitesse importante de 3 % soit 3 millions de tonnes par an.

C’est donc les subventions (plusieurs milliards d’U$) qui permettent d’obtenir ce niveau de prix relatif, ce qui entraîne une surconsommation et donc un gaspillage de ressources rares. En outre, les taxes sur les carburants sont très bénéfiques pour les recettes budgétaires de l’état et l’équilibre de son budget en dehors de la planche à billet et l’état se prive donc de cette ressource. Enfin, la consommation intérieure est en concurrence avec nos exportations et à chaque fois que la première augmente elle se fait au détriment de la seconde.

Réviser la politique de subvention réservée aux carburants

Il est grand temps de réviser toute notre politique de subvention sur tous les produits et de trouver des solutions intermédiaires afin de juguler cette situation de gaspillage généralisée, sans pénaliser les classes moyennes et les consommateurs finaux à travers une politique discriminatoire des subventions. Nous attendons toujours les résultats de la commission érigée, il y a plusieurs années, pour proposer des corrections à la politique de subventions tous azimuts.

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