L'éditorial

Le mur d’Adrien.

Ce célèbre empereur romain fit construire un mur avec 300 tours, dont 80 fortins de défense principaux et protégé par dix-sept camps retranchés. Le nom est également parfois employé pour désigner la frontière entre l’Écosse et l’Angleterre, jusqu’à la construction du mur d’Antonin, plus au nord de l’Écosse. D’autres murs furent construits (Muraille de Chine, Maginot, Maurice, Challes, Bar lev…) pour protéger des positions stratégiques mais aucune n’a assurer indéfiniment sa mission. En fait, toutes ces fortifications sont des « ralentisseurs » et non des protections étanches ad vitam aeternam et elles cèderont toutes un jour ou l’autre, en fonction des attaques entreprises à leur encontre. C’est ce que Israël ne veut pas comprendre, puisqu’elle jouit d’une réputation surfaite de son armée (Staël) et de ses services de sécurité (Mossad et Shin Bet) qui la rendent invincible contre toutes attaques d’où qu’elles viennent ! Pourtant, une lecture objective de l’histoire militaire, nous indique clairement le contraire, dans tous les continents et que la volonté d’un peuple à se libérer du joug colonial finit toujours par l’emporter, quel que soit le prix à payer. L’opération militaire organisée, par le Hamas, au cœur d’Israël, en est la démonstration éclatante, par son ampleur, sa soudaineté, son bilan et par le fait qu’elle a surpris tout le monde !

Nul doute que cette attaque va remettre au goût du jour le dossier palestinien qui date de 1948 (déclaration Balfour) avec une série d’assassinats, d’expropriations, de spoliations, d’atteinte aux symboles religieux musulmans (El Aqsa) et chrétiens (Eglise de la nativité), d’emprisonnements, dans le cadre d’une « judéification » de toute la région (Le grand Israël). Plus d’une vingtaine de condamnations de l’Assemblée générale de l’ONU, ont toutes été bloquées par le véto américain depuis plus de trente ans, ce qui a conduit ce pays à redoubler d’effort pour démultiplier les colonies sauvages et altérer le caractère religieux de Jérusalem, en la judéifiant au détriment des autres religions révélées. La seule tentative sérieuse de paix durable (les accords d’Oslo) a été tuée dans l’œuf avec l’assassinat d’Yitzhak Rabin, né Rubitzov, le , par un extrémiste israélien. La solution dite des deux états, approuvée par les USA et les pays occidentaux secrètement, n’a fait l’objet d’aucune volonté politique forte de ces derniers (sauf B. Obama), laissant libre cours aux extrémistes israéliens de poursuivre leur colonisation par « grignotages » (création de kibboutz sauvages) successifs des terres palestiniennes.

Cette attaque va mettre également au grand jour la rupture consommée des populations arabes vis-à-vis de leurs dirigeants et notamment ceux qui ont « normalisé » leurs relations avec Israël. En effet, la rue arabe, déjà pas très favorable à la normalisation sans contrepartie pour le peuple palestinien, de leur pays, va certainement réagir à la répression aveugle et sans discernement que le gouvernement Netanyahou va mener pour sauver son pouvoir et couvrir ses lourdes lacunes en terme de défense (dôme de fer) et de sécurité (Pegasus). En effet, il est incroyable que cette opération ait pu avoir lieu aux vues et aux sus des services de sécurité et de l’armée de ce pays, considéré comme les plus sûrs au monde, grâce à une propagande intensive et surfaite fallacieuse. C’est donc toutes ces questions qui vont se poser, dans toutes les chancelleries et auprès des opinions publiques, après cette attaque salvatrice qui va reposer le question du devenir de la Palestine, sachant que maintenant, il va falloir parler du conflit israélo-palestinien et non israélo-arabe.

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