L'éditorial

Second tour des élections législatives en France.

Dr Mourad GOUMIRI.

  Le premier tour des élections législatives, ont dévoilé que les tendances lourdes de l’électorat français ne cesse de montrer, élections après élections, sa désaffection massive vis-à-vis des offres politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche et ses doutes sur la capacité des partis politiques à pouvoir répondre à ses préoccupations quotidiennes. Dès lors, c’est le « parti de l’abstention » (plus de 52,5 %), qui gagne du terrain à chaque élection, rendant leurs résultats de plus en plus problématiques en termes de légitimité, à représenter tous les français.

 Pour, ce premier tour des législatives, c’est la gauche « réunifiée aux forceps » (La nouvelle union populaire, écologique et sociale) qui emporte un succès attendu, puisqu’elle atteint un niveau de 25,7% des voix exprimées, niveau équivalent à la coalition présidentielle. Les autres partis se partagent « les restes » avec plus ou moins de bonheur, tant le caractère local et la « cuisine politicienne » jouent un rôle dominant. Il faut noter au passage la mise à mort de l’avorton politique (Eric Zemmour et son parti renaissance), spécialement créé par la boite noire française, pour imploser l’extrême droite, aux présidentielles et qui est sorti bredouille, ce qui signifie sa fin de mission. L’extrême droite (Rassemblement Nationale), quant à elle, devra se contenter d’une poignée de députés pour constituer un groupe parlementaire à la nouvelle assemblée nationale. Dans le cas contraire, c’est l’avenir de M. Le Pen, à la tête du parti, qui sera remis en cause, après plusieurs années d’échecs électoraux d’affilés.

  Le second tour se présente donc avec l’enjeu du « siège de Matignon » via la majorité à l’assemblée nationale (289 députés sur les 577 sièges) , de l’un des deux partis, sortis vainqueurs au premier tour ! En effet, le coup de poker de J.L. Mélenchon, après sa défaite aux présidentielles, d’être « élu à Matignon », pour se relancer dans la course au pouvoir, risque de se réaliser, si au moins deux millions d’électeurs qui se sont abstenus, retournent aux urnes, pour le second tour, ce qui représente un défi. En effet, ce parti n’a plus de « réserves », après avoir ratissé large, pour la création de son union (NUPES), ce qui n’est pas le cas pour le parti présidentiel qui lui dispose de réserves de report de voix, issues de la droite classique (LR) et du centre, en cas de duels ou de triangulaires (rares) où, il serait impliqué, contre les extrêmes droites ou gauches, la majorité absolue au parlement étant son objectif stratégique. En cas de majorité relative, le parti présidentiel pourrait plus facilement négocier avec les députés de la droite classique et du centre, pour créer une majorité présidentielle, que la NUPES, avec les autres partis issus de l’élection législative. Enfin, dans le cas de figure hypothétique que la NUPES emporte la majorité, le Président devra choisir la cohabitation, soit la dissolution de l’assemblée nationale et recourir une nouvelle fois aux urnes. Une bataille politique se prépare la semaine prochaine et une seule chose est certaine, J.L. Mélenchon prendra sa retraite politique et laissera, héritage, quelques deux cent députés de son parti au parlement français.

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