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Le mouton, sa laine et sa peau

En d’autres temps, d’autres mœurs, la peau de mouton ne fait plus recette ! Il ne s’agit pas de débattre sur les prix de l’ovin à la veille de l’Aïd El-Adha qui, comme chaque année, nous réserve toutes les turpitudes de la filière et des réseaux mafieux qui la contrôlent. Malgré les interventions des pouvoirs pour réguler le marché (importations, ouverture de points de vente, certificat de vaccination…), force est de constater que les prix restent exorbitants (entre 60.000 et 90.000 DA) et excluent les bourses moyennes de l’achat d’un mouton sur pied. Pourquoi la société-t-elle à cette tradition séculaire ? Il faut certainement aller chercher dans les sciences ethnologiques les raisons profondes de ces transformations sociétales !

La peau et la laine. 

Mais le changement de mœurs réside dans l’utilisation de la peau et de la laine ou plutôt de leur rejet dans les poubelles, tout simplement ! Alors que ces deux composantes de la bête étaient, il n’y a pas si longtemps, un signe de richesse, que l’on exhibait volontiers dans les demeures, ces attributs sont de nos jours carrément mis à la poubelle, de manière anarchique, créant un véritable problème d’environnement, d’hygiène et de santé publique. Les chiffres sont effarants, puisqu’il s’agit de quelques 3.000.000 de peaux et de 700 tonnes de laines, qui chaque année, peuvent faire l’objet de récupération plutôt que d’être jetés dans la nature. C’est au moins 4 millions de pièces de cuir qui sont perdues annuellement et un chiffre d’affaires qui dépasse les 500 millions de DA.

L’industrie des textiles et du cuir.

Cette matière première sert notamment d’input à l’industrie textile (habillement) et des cuirs (maroquinerie), pour sa transformation en vêtements ou à l’exportation vers des pays spécialisés dans cette activité. Tout le problème réside dans la capacité de collecte des peaux dans un laps de temps (3 à 4 jours) réduit durant cette fête religieuse, assez souvent respectée, par la population. Les industries de transformation de ces matières premières, si elles venaient à ne pas profiter de ce potentiel annuel, perdraient au moins la moitié de son chiffre d’affaires. D’où l’enjeu de la mise en œuvre d’une chaîne logistique efficace capable de collecter au moins  2.000.000 millions de peaux de moutons durant quelques jours. Cette chaîne implique des points de rassemblement des peaux par quartiers sur l’ensemble du territoire national, leur ramassage par une flotte de moyens de transport adéquat et enfin leur entreposage dans des lieux de conservation appropriés (salage), avant leur traitement pour leur transformation.

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